Contrats & prix
Le fermage : indice 2026, calcul et barèmes du loyer agricole
Par Dominique Rouzé · Mis à jour le 12/08/2026
Le fermage, c'est le loyer du bail rural — et il ne se fixe pas librement : des arrêtés préfectoraux l'encadrent, et il se révise chaque année selon l'indice national des fermages. L'indice 2026, constaté en juillet, s'établit à 127,04, en hausse de 3,23 % : voici comment calculer votre loyer révisé, ce que disent les barèmes, et les locations qui échappent à cet encadrement.
Le fermage, un loyer pas comme les autres
Le fermage est le loyer que l'exploitant (le preneur) verse au propriétaire (le bailleur) dans le cadre d'un bail rural. À la différence d'un loyer d'habitation ou de la redevance d'une convention d'occupation précaire, il ne se négocie pas librement : chaque département publie un arrêté préfectoral fixant des minima et des maxima par nature de culture et par zone, entre lesquels le loyer doit rester.
Et une fois fixé, il ne vit pas au gré des parties : il est actualisé chaque année selon l'indice national des fermages (article L411-11 du Code rural), publié l'été pour la campagne qui suit. C'est cet indice que tout bailleur attend en juillet.
Indice des fermages 2026 : 127,04, en hausse de 3,23 %
L'indice national des fermages 2026 s'établit à 127,04, contre 123,06 en 2025, soit une hausse de +3,23 %. Il est calculé à partir des données publiées début juillet 2026 par la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation, sa constatation officielle intervenant par arrêté ministériel au Journal officiel. Il s'applique aux échéances de loyer comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027.
Sa composition explique la hausse : l'indice combine 60 % d'évolution du revenu brut d'entreprise agricole à l'hectare (moyenne nationale des cinq dernières années) et 40 % d'évolution du niveau général des prix. Après la quasi-stabilité de 2025 (+0,42 %), l'amélioration des résultats des exploitations — portée notamment par les productions animales — tire l'indice 2026 vers le haut.
| Année | Indice | Variation |
|---|---|---|
| 2022 | 110,26 | +3,55 % |
| 2023 | 116,46 | +5,63 % |
| 2024 | 122,55 | +5,23 % |
| 2025 | 123,06 | +0,42 % |
| 2026 | 127,04 | +3,23 % |
Calculer la révision de son fermage
La formule est simple et s'applique de plein droit, sans avenant :
Fermage 2026-2027 = fermage précédent × 127,04 ÷ 123,06
(soit une multiplication par 1,0323 : +3,23 %)
- Fermage de 500 € → 500 × 127,04 ÷ 123,06 = 516,17 €
- Fermage de 1 000 € → 1 032,34 €
- Fermage de 2 500 € → 2 580,85 €
Deux précisions. D'abord, seule la part « terres nues » du loyer suit cet indice : la part bâtiments d'habitation d'un bail mixte suit l'indice de référence des loyers (IRL). Ensuite, le loyer révisé doit rester à l'intérieur des minima/maxima de l'arrêté préfectoral en vigueur — l'indice ne peut pas faire sortir un fermage de la fourchette départementale.
Les barèmes préfectoraux : combien à l'hectare ?
Il n'existe pas de tarif national du fermage : chaque préfecture publie sa grille, par nature de culture (terres labourables, prairies, maraîchage, vergers, vignes...) et par zone du département, souvent modulée par la qualité des terres. Pour des terres nues, l'ordre de grandeur courant va de 80 à 250 € par hectare et par an — les bonnes terres de plaine limoneuse se louant plusieurs fois le prix d'un coteau séchant. Les cultures spécialisées (maraîchage irrigué, vergers équipés, vignes AOC) relèvent de grilles à part, sensiblement plus élevées.
Le réflexe à avoir avant de signer ou de réviser : télécharger l'arrêté fermage de votre département (site de la préfecture ou de la DDT, rubrique agriculture), qui donne la fourchette exacte applicable à votre parcelle. Les chambres d'agriculture publient aussi chaque automne les barèmes actualisés avec l'indice de l'année.
Ce qui échappe au fermage encadré
L'encadrement du fermage ne vaut que là où s'applique le statut. En sortent notamment :
- le bail de petites parcelles (art. L411-3) : sous les seuils préfectoraux de surface, durée et loyer sont libres ;
- la convention d'occupation précaire (art. L411-2) : redevance libre mais modique, tant que la précarité est justifiée ;
- le commodat : gratuit par définition — aucun loyer à encadrer ;
- la location d'un jardin ou potager de loisir, sans activité agricole professionnelle : prix librement convenu entre particuliers.
Ce dernier cas mérite un chiffre, car la différence est spectaculaire : là où un hectare de terre nue rapporte 80 à 250 € par an sous bail rural, une parcelle potagère de quelques centaines de m² louée à un particulier se négocie couramment 1 à 2,50 € par jour. Les repères complets sont dans notre guide des prix de location d'un terrain — et si votre terrain s'y prête, publiez-le en quelques minutes.
Sources officielles : article L411-11 du Code rural (Légifrance) ; données de la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation (juillet 2026) ; arrêtés préfectoraux fermage de chaque département ; barèmes des chambres d'agriculture.
Questions fréquentes
Quel est l'indice des fermages 2026 ?
L'indice national des fermages 2026 s'établit à 127,04, en hausse de 3,23 % par rapport à 2025 (123,06). Calculé à partir des données publiées par la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation début juillet 2026, il s'applique aux échéances de loyer comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027.
Comment calculer la révision de son fermage en 2026 ?
Loyer révisé = loyer de l'an dernier × 127,04 ÷ 123,06 (soit +3,23 %). Exemple : un fermage de 500 € passe à 516,17 € ; un fermage de 1 000 € passe à 1 032,34 €. La révision s'applique aux échéances du 1er octobre 2026 au 30 septembre 2027.
Comment l'indice des fermages est-il composé ?
Pour 60 % de l'évolution du revenu brut d'entreprise agricole à l'hectare constaté au niveau national sur les cinq dernières années, et pour 40 % de l'évolution du niveau général des prix. C'est l'amélioration des résultats des exploitations — portée notamment par les productions animales — qui explique la hausse de 3,23 % en 2026.
Toutes les locations de terrain sont-elles soumises au fermage encadré ?
Non. L'encadrement ne concerne que les baux ruraux soumis au statut du fermage. En sont notamment dispensés : les baux de petites parcelles (surfaces sous les seuils préfectoraux, art. L411-3), les conventions d'occupation précaire justifiées (art. L411-2), le commodat (prêt gratuit) et la location d'un jardin ou potager d'agrément sans activité agricole professionnelle — où le prix reste librement convenu.
Passer de la théorie à la pratique ?
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Ces informations sont fournies à titre général et ne constituent pas un conseil juridique. Pour une situation particulière (bail en cours, litige, montage patrimonial), consultez un notaire, un avocat ou la chambre d'agriculture de votre département.